07/09/2010

Article numéro 5; ou Une nouvelle déprimante.

     « Où est-ce que t’as balancé mon blouson ? »

     La question parvint a Emma qui, tranquillement assise sur son lit, regardait fixement le vide devant elle. Elle ne répondit pas, elle n’entendit même pas, continuant inlassablement à regarder dans le vide, son esprit en veille. L’homme, dont elle avait oublié le nom – l’avait elle même déjà su ? – apparut sur le seuil de la chambre, son blouson a la main, pour lui dire qu’il s’en allait. Aucune réaction. Pas plus quand il tourna les talons et partit. Après un très long moment son corps attrapa d’un geste machinal propre à toutes les enveloppes charnelle vide, un paquet de cigarettes qui reposait sur la table de nuit à coté d’un briquet. Elle s’en alluma une et reposa le paquet et le briquet a leur place. La fumé e de la cigarette irritant sa gorge et dés-embrumant son esprit. A chaque bouffée, elle sortit un peu plus de sa léthargie, ses pensées remontant à l’intérieur de son crâne en même temps que sa souffrance remontait dans son cœur.

     Lentement, elle se leva et alla jusqu'à sa cuisine. Ça faisait des mois que sa durait, mais ce soir c’était terminé. Ça y’est, la douleur avait atteint son paroxysme. Elle c’était battue mais maintenant, elle ne pouvait plus rien encaisser. Elle entra dans la cuisine, passa devant le four, regrettant un instant qu’il fut électrique, et se dirigea vers le bloc de couteau ou elle saisi le plus gros, puis retourna lentement a sa chambre, où elle s’alluma un deuxième clope. Tout en tirant sur sa cigarette elle posa le couteau en face d’elle et le fixa. Alors que d’habitude quand elle pensait a ce qu’elle songeait faire, des milliers de questions et de pensées se bousculaient dans sa tête, là une seule interrogation était présente dans son esprit : aurait-elle le cran de le faire ?

     Elle resta un très long moment a contempler la lame épaisse du couteau, moment qui dura probablement des heures, se répétant inlassablement cette même foutue question. Puis, se décidant enfin, elle prit le couteau, appuya sur son poignet, l’enfoncant légèrement dans sa chair et d’un geste sec et décidé, trancha. La douleur fut très vive, et elle faillit lâcher le couteau, mais voyant le sang commencer à couler elle mis la lame dans son autre main et répéta l’opération sur son poignet droit et finalement, lacha la lame.

     Ça y’est. Elle sentait la vie, la vie qui échappait de son corps pour de bon. Lentement, le sang coulait de son poignet sur sa jambe, pour finir sur les draps qu’il était entrain d’inonder. La douleur et le sang lui donnait l’impression de revivre sa première fois, sauf que cette fois-ci était vraiment beaucoup plus plaisante. Elle attrapa le paquet qui reposait bien sagement sur la table de nuit, le briquet toujours a ses côtés. Elle essaya vainement d’allumer une cigarette mais c’etait peine perdue. Apparemment, elle avait dut couper quelques tendons au passage, et il lui était donc impossible de faire rouler la molette du briquet. Elle essaya encore mais abandonna, remettant paquet et briquet a leur place avec toute la violence qu’elle pouvait encore mettre dans ses gestes. Putain ! Elle n’aurait même pas droit de savourer une dernière clope, histoire de fêter la fin de son calvaire. Elle commença a fermer les yeux, perdant doucement conscience, passant imperceptiblement de vie a trépas.

     Enfin c’etait finit. Elle était morte, elle en était sure. Sinon jamais elle n’aurait put être dans un tel de bien être et de béatitude. Mais un bruit se fit entendre sur sa droite. Le téléphone. Le téléphone sonnait, et elle l’entendait. Elle n’etait pas encore morte, mais elle devina qu’elle n’en avait plus pour longtemps. Le message du répondeur automatique se déclencha, et le bip sonore n’allait pas tarder a résonner. Interlocuteurs a vos marques, prêts, parlez.

     C’etait sa mère. Sa mère qui appelait parcequ’elle de nouvelles ce dernier mois et qu’elle inquiétait.

     Alors lui revint en mémoire sa famille, qui était la mais a qui elle n’avait jamais essayé de parler. Ni a un professionnel, ni même à ses amis. En fait elle n’avait essayé de parler a personne, jugeant qu’ils ne comprendraient pas et qu’elle s’en sortirait toute seule. Mais voila ce n’etait pas vrai. Ils auraient très bien compris, et elle ne s’en sortait absolument pas, au contraire. Elle c’etait replié sur elle-même, et n’avait absolument rien fais pour s’en sortir, se contentant de geindre, de se plaindre de son sort et de se laisser couler. Le regret commença à monter, a l’envahir complètement. Maintenant, elle comprenait, elle voyait qu’il y avait un moyen de s’en sortir, de reprendre sa vie. Elle voulait le tenter, elle vivre.

     Mais c’etait trop tard. C’etait deux litres trop tard. Elle avais perdu trop de sang et maintenant c’etait clair : elle allait mourir.

     Finalement, tout avait été merdique jusqu’au bout.

Henry Chinaski Jr.

3 commentaires:

  1. Macabre & Plaisant.

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  2. Moui. Classique. Un texte que l'on retrouve sur tous les blogs de gamines entre 12 et 16 ans : mort, suicide, remises en question, et bla, et bla, et bla.

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  3. d'accord avec toi, mais bon c'est marrant a ecrire

    Henry Chinaski Jr

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